Communiqué aux artistes.


SYNDICAT SOLIDARITE MAISON DES ARTISTES

Face à l’indifférence généralisée quant à la situation des artistes plasticiens professionnels en France, des adhérents et membres (très) actifs
de l’association La Maison des Artistes ont fondé en 2008 leur syndicat :
Solidarité Maison des Artistes, le SMdA.

-----------------------------------------------------------------------------

Un petit rappel historique de l’association en quelques dates s’impose :

  • 1952 : Création de l’association par et pour les artistes professionnels.
  • 1964 : Création du régime spécifique de sécurité sociale pour les artistes. 
    L’association est alors agréée par l’Etat pour gérer ce nouveau régime.
  • 1995 : Les fichiers « mission associative association» et « gestion administrative d’assurances sociales » sont séparés pour des raisons évidentes de confidentialité des données de la Sécurité Sociale. Cette différenciation a fait penser, à tort, que « Mda-Sécu » et « MdA-asso » devenaient deux entités séparées, ce qui n’a jamais été le cas.

Statutairement la MdA demeure une seule structure à laquelle sont dévolues deux missions. L’une est associative, l’autre une réelle mission d’intérêt public : la gestion du régime de Sécurité Sociale des artistes auteurs.

Aujourd’hui, l’association reste le Siège social des services administratifs de Sécurité Sociale qu’elle a générés.

La Maison des Artistes est l’association la plus représentative des professionnels des arts visuels puisqu’elle a pour effectif 16 000 adhérents, ce qui fait de cette association la plus importante de France et d’Europe.

Conscients de cette force représentative, des adhérents de l’association ont donc fondé un syndicat libre et indépendant pour la défense des intérêts professionnels et catégoriels de toutes les professions des arts visuels, ils marquent ainsi leur solidarité pour La Maison des Artistes.
-------------------------------------------
L’association et le syndicat ont deux bureaux distincts.

Dans une démarche volontaire et déterminée, le SMDA a mis en place une action nationale visant à réduire la concurrence déloyale et le préjudice porté à la déontologie de l’artiste dus, entre autres, aux ventes non déclarées de travaux de loisirs et le non respect de l’application des règles fiscales et sociales inhérentes à nos métiers.

Le constat est lourd partout en France puisque la plupart du temps et quel que soit le mode d’exposition-vente (salons, expositions, ateliers portes ouvertes …) émanant d’associations, d’organisations privées ou publiques, 80% des exposants vendent leurs travaux sans en déclarer les revenus.

Depuis début 2009, les correspondants régionaux du SMDA ont mis le pied à l’étrier (Alsace, Île de France, Normandie, Pays de Loire, régions PACA et Rhône-Alpes) afin que les organisateurs d’expositions, salons et autres manifestations culturelles fassent preuve de vigilance.

Par ailleurs, une commission spéciale et interne au bureau du syndicat travaille sur la défiscalisation pour les particuliers acquéreurs d’œuvres d’artistes vivants.
Un projet de loi initié par La Maison des Artistes et présenté au Sénat en 2006.
Alors que ce projet était un réel espoir pour lutter contre la précarité des artistes et la recrudescence des ventes illégales, le Ministère de la Culture l’a mis à l’écart en 2008.
La remise à l’étude de ce projet par le Ministère est l’une des principales revendications du SMDA pour 2009.

Adhérer au SMDA représente un soutien réel pour tous les artistes mais aussi pour la création contemporaine graphique et plastique professionnelle.

Merci pour l’attention que vous porterez à ce communiqué.

Les membres du bureau du SMdA

Toutes les informations sur : http://www.solidaritemda.com

Nicolas Sarkozy présente ses vœux au monde Culturel


Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux au monde Culturel lors d’un déplacement à Nîmes. L’occasion de préciser les priorités et objectifs pour 2009.

Les principaux points:

Un « musée de l’Histoire de France ». Rappelant que les Arts et la Culture sont les valeurs les plus hautes et les plus précieuses de la civilisation, Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux au monde Culturel le 13 janvier à Nîmes.

Outre le grand Musée des Civilisations de la Méditerranée qui ouvrira ses portes à Marseille en 2012, Le Président de la République a annoncé la création d’un « musée de l’Histoire de France ». …

Gratuité des musées et éducation artistique
instauration d’un accès gratuit aux musées et monuments dépendant de l’Etat pour tous les jeunes de moins de 25 ans et leurs professeurs à compter des vacances de Pâques, c’est-à-dire le 4 avril. Le Président marque ainsi une volonté d’attirer les jeunes dans les musées : « Ces jeunes qui auront eu l’habitude d’aller dans les musées, quand ils deviendront adultes ils y emmèneront leurs enfants », …

Patrimoine et architecture.
L’augmentation de 100 millions du budget alloué à la restauration du patrimoine protégé, énoncée dans le cadre du plan de relance, sera pérennisée pendant toute la durée de la présidence de Nicolas Sarkozy. …

Conseil pour la création artistique.
Le Président de la république a annoncé la création d’un « conseil pour la création artistique ». Il sera présidé par lui-même ainsi que par la ministre de la Culture et de la Communication et animé par le producteur de cinéma Marin Karmitz. …

Par ailleurs, les crédits 2009 pour le spectacle vivants qui avaient été mis en réserve vont être dégelés. …

Enfin, Nicolas Sarkozy a souhaité la mise en œuvre d’une politique culturelle ambitieuse notamment grâce à la rénovation du Ministère de la Culture qui fête ses 50 ans en 2009.

Le texte complet (avec une vidéo) sur :

http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index.htm

« On privilégie le choc pour faire réagir » Interview recueilli par Vincent Noce ».

Interview Arts in "Libération" du 6 janvier 2009.

Michel David-Weill, collectionneur de renom, dénonce la dérive provocatrice des expos

 

"...Un quartier de bœuf fait de scarabées agglomérés : Jan Fabre au Louvre, devant celui peint par Rembrandt. Un veau emboîté : Damien Hirst, 13 millions d’euros, chez Sotheby’s à Londres, aux côtés d’un requin et d’un zèbre pareillement formolisés. Un chien chromé de plus de deux mètres : Jeff Koons, à Versailles, sous l’Hercule signé François Le Moyne, peintre de Louis XIV. Des peaux de cochons tatouées, vendues à Pékin comme œuvres d’art par Wim Delvoye (avec ou sans l’animal : au choix)… Le bestiaire 2008 témoigne des capacités insoupçonnées de la création contemporaine à repousser les limites. Le summum, sans doute, est la vente, pour 150 000 euros, d’une peau d’homme tatouée, du même Delvoye, à un collectionneur allemand (cette fois sans l’animal : pour l’accrocher au mur, il faut attendre son décès).
Rares sont les voix qui s’élèvent contre cette quête, semblant sans fin, de la provocation. Les conservateurs, s’ils maugréent, sont tenus au devoir de réserve, sans parler des intérêts liés. Christine Albanel a levé un sourcil, confiant, en privé, que les rapprochements Fabre au Louvre ou Koons à Versailles manquaient à ses yeux de sens.
Pour la première fois, le grand collectionneur Michel David-Weill a bien voulu commenter cette évolution du goût. Banquier respecté, il reste discret sur sa générosité envers les musées et sa passion privée pour la Haute Epoque ou le Picasso d’après-guerre.

Descendant d’une dynastie d’esthètes et de mécènes, membre de l’Académie des Beaux-Arts, ainsi que du conseil d’administration du Metropolitan Museum de New York, il a été choisi depuis plus de vingt ans pour présider le conseil artistique des musées nationaux. Ce qui donne d’autant plus de poids aux réserves qu’il exprime sur cette course à l’effarement dont l’art contemporain semble avoir fait son aliment compulsif...."

Lire la suite sur le site de Libération :
Interview ARTS , par Vincent Noce

Un article du Monde

Point de vue

La méconnaissance du travail des intermédiaires nuit à l'art contemporain,
par Nathalie Heinich

“…Il ne se passe pas de semaine sans que nous lisions des articles indignés, des courriels, des manifestes, des protestations contre l'état présent de l'art contemporain : l'art actuel ne fait pas - et de moins en moins - consensus. De ce fait, les artistes se trouvent coupés d'un large public, tandis que maints amateurs d'art se privent du contact avec les créations majeures de l'art contemporain. Il est temps de réfléchir à de possibles remèdes…”

Litre la suite de cet excellent article, daté du 5 janvier dernier, sur le site du Monde :

>>>   Méconnaissance du travail des intermédiaires...

VOTRE SYNDICAT

**********************************************************************************
Votre syndicat SMDA Solidarité Maison des Artistes, qui est un syndicat professionnel, ainsi que ce blog, ne sont pas le relais d’un quelconque parti politique, d’une quelconque pensée religieuse ou esthétique.
Nos engagements sont clairs et nets :

Nous sommes là pour défendre la profession « ARTISTE ».

Afin d’être une force de construction et maintenir un esprit convivial, tous les espaces de dialogue sont modérés. Vous pouvez user d'un pseudonyme, mais toutes les interventions « anonymes » seront refusées.

**********************************************************************************

MORITURI TE SALUTANT

Faut-il tuer les artistes pour sauver le marché de l’art ?


En France, le marché de l’art subit un déclin lent mais régulier, constate Christine Albanel, ministre de la Culture. La preuve? Notre pays se serait fait souffler la troisième place dans ce domaine par la Chine. Londres et New-York, mais aussi Genève, profitent de leur statut fiscal pour tailler des croupières à l’une des plus anciennes capitales de la création artistique: Paris.
Dès lors, la ministre propose de prendre modèle sur ses concurrents en donnant à la France créatrice un courant d’air libéral. Elle décrit sa stratégie dans son «Plan de renouveau du marché de l’art», librement inspiré par le rapport de Martin Bethenod, commissaire général de la Foire Internationale d’Art Contemporain.

Or, de nombreux artistes vivant en France accusent le plan ministériel d’être le remède qui tue le patient! Sous couleurs de libéralisme, c’est la création d’aujourd’hui qui risque de ne pas se relever de ses effets pervers.

Alors, ce plan est-il la dernière chance pour sauver le marché de l’art ou le meilleur moyen pour étouffer ces créateurs qui, depuis des siècles, ont défendu la place de la France dans le monde ?

Venez en débattre lors de la
Table Ronde
le mardi 1er juillet à 20h 30 (entrée libre)

organisée par « La Peau de l’Ours » (
http://lapeaudelours.free.fr)
à la Mairie du XIIIe arrondissement.
Salle des mariages, 1 Place d’Italie, Paris 13ème.


Modérateur : Jean-Noël Cuénod écrivain et journaliste
Sous la présidence d’honneur de Monsieur Jérôme Coumet, Maire du 13ème

Communications de : (sous réserve de confirmation)

  • Mme Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication ou son représentant.
  • M. Rémy Aron, Président de l’association La Maison des Artistes : les mesures de défiscalisation des achats d’œuvre d’artistes vivants en France, le point de vue des artistes.
  • Mme Marie Anne Ferry-Fall, directrice juridique de l’ADAGP : les droits d’auteurs menacés ?
  • Comité Professionnel des Galeries d’Art : ce qu’en pensent les galeristes, lecture d’une communication écrite …
  • Un(e) représentant(e) de la Culture à la Ville de Paris.


------------------------------------------------------------------------------------
N.B : La revue Artension publiera un compte rendu de la table ronde dans son numéro 43 (septembre octobre)

FORUM LIBÉRATION « VIVE LA CULTURE ! »

"Solidarité Maison des Artistes" était présent au forum de Libération sur la culture, ce week-end à Nanterre.
Les membres du SMDA se sont fait entendre à propos du rejet du projet de loi sur la défiscalisation sur les achats d'oeuvres d'artistes vivants.

------------------------------------------------------------------
Une administration encore récalcitrante face aux enjeux du marché de l’art
Commet favoriser la création ?

Intervenants :
- Pierre Cornette de Saint Cyr, commissaire-priseur et président du palais de Tokyo.
- Éric Landau, galeriste.

Modérateur : Jean Louis Martinelli

La question est majeure et intéresse le devenir de la France au moins autant que l’avenir de l’équipe de football : comment favoriser la création ?

Dés son arrivée, M. Cornette s’exclame : « Je déteste le foot, je suis ravi que les amateurs de foot, la seule activité culturelle reconnue comme nationale, ne soient pas là».
A peine le débat commencé, il donne le ton : « Il est urgent de changer les choses, les politiques doivent arrêter de préserver et entreprendre, c’est une question de survie de la machine culturelle. »
Trois enjeux se dessinent rapidement; d’une part le statut de l’artiste dans la société française, d’autre part son rayonnement à travers le monde, puis enfin sa rémunération comme condition de survie.
Selon M. Cornette, nous sommes dans une ère internationale et l’art ne fait pas exception, il faut donc exposer à l’étranger.
« Cela suffit, l’hypocrisie a assez duré, il n’est plus question de tenir pour acquis l’idée nationale qu’un artiste ne doit pas s’enrichir ». Il y a quelques années, dans un entretien entre M. Cornette et le directeur de Beaubourg celui-ci dira de César, « pourquoi l’exposer, ce n’est pas un artiste, il dîne au Fouquet’s ».
La salle relance le débat avec des questions telles que la gratuité à l’accès muséal pour les artistes (si le palais de Tokyo est à un euro, et le Louvre gratuit, ce sont bien les deux seuls).
Éric Landau pense quant à lui qu’on a trop peu confiance en nos artistes vivants, il faut des lieux d’expositions au risque de scinder l’art en deux catégories : l’art d’en bas et l’art d’en haut.
Il pose comme condition au soutien des artistes la défiscalisation.
Un intervenant, Sign7, artiste et adhérent de l’association « La Maison des artistes » s’empare du micro, il a assisté au précédent débat « Faut il supprimer le ministère de la culture ? » avec Mme Albanel, et a justement interrogé le ministre sur la question de la défiscalisation. Mme Albanel n’a pas, selon l'artiste, voulu répondre.
« Le crédit "à taux zéro", loin d’être viable, ne permet en rien le développement du marché des artistes vivants, l’acheteur alpha qui doit contracter un prêt pour pouvoir se payer une œuvre ne se rendra pas forcément à sa banque après avoir fait son choix, mais Bercy ne veut rien entendre » toujours selon l’artiste.

En France, malgré les initiatives de Madame Albanel, le marché de l’art a besoin d’un développement plus profond, le système français restant bien trop lourd et ne permettant pas actuellement une liberté de diffusion de ses artistes vivants. Si le sort de nos artistes reste précaire, l’apport artistique de la France au niveau mondial et historique est préoccupant.


Natacha TAIEB